Il etait une fois…

Un gars et une fille se sont rencontrés sur le net, il y a 10 ans au bon vieux temps de Yahoo et Caramail. 2mois d’échanges par claviers interposés et the rencontre ! Et la bah: « chabada bada chabadabadaaaaa .. », en voiture Simone !!!!!

2 ans de relations à distance, monsieur habitant un point A, madame un point B 400 km plus loin, on s’est installés au point C à 700 km de nos points de départ ( tu me suis ? y’aura une interro à la fin)

Monsieur travaille à la capitale et moi pas trop loin de notre nid. 3 ans plus tard mariage et début des essais bébé. Le temps passe, courbe de température (que de tendresse entre mon thermomètre et moi), prescription de duphaston et plus d’1 an et demi après le début des essais : la consécration « vous êtes enceinte ! » Joie, bonheur, nuage de guimauve et petites licornes : la vie est belle belle belle ! J’ai droit à une écho à 7 semaines d’où je repars avec la première photo de notre petit et le doux son de son cœur qui bat pour toujours dans mes oreilles, la vie est belle belle belle !

Prochaine écho à 12 sg pour la déclaration officielle, je gerbe tous les matins, me nourri exclusivement de mini savane et de compote pomme banane mais c’est normal : la vie est belle belle belle !

Jour de l’écho, la gynéco est pas la, elle s’est pétée la cheville au ski, pas grave: la vie est belle belle belle! Et sa remplaçante est toute gentille. On s’installe, et chéri et moi fixons l’écran impatients.

Des secondes qui me paraissent des heures passent, je regarde la remplaçante : je comprends quand elle appuie sur le bouton sensé nous faire entendre le cœur de notre petit. Il n’y a eu que du silence, un silence de mort. Fin de la vie belle belle belle.

Le lendemain curetage sous anesthésie locale, il parait que c’est mieux de sentir partir son bébé, qu’on se remet plus vite qu’on nous dit. Cela n’a pas d’importance, moi de toute façon je ne suis plus la. 1 mois et demi plus tard je dois refaire un curetage, plus abrasif cette fois, car mon corps a continué de fabriquer du placenta, mon corps continu d’être enceinte.

Mon chéri est très présent, j’ai besoin d’être seule dans ma grotte. Nous prénommons notre petit Sacha, comme les anges, nous ne savons pas si c’était une petite fille ou un petit garçon.

Je reprends le travail, j’ai 4 autres collègues enceintes, je devais être la première à accoucher. J’essaie de ne pas voir ces ventres qui s’arrondissent. Le temps fait son travail, et nous prenons rdv avec un gynéco spécialiste en fertilité que j’appellerai doc lunette.

Toute une batterie de test et un spermo plus tard la sentence tombe : oats extrême de chéri. Et bim ! Dans les dents ! Mais doc lunette nous rassure, pour notre cas, il y a la : FIVICSI

Allééééééélouiiiiiia aaaalllléééééélouuuuu-aaaallléééélouuuuuiiiaaaaaaaaaa !!!!!!!!!!

Doc lunette devient mon dieu, son cabinet ma paroisse, les injections mon Ostie quotidienne. Je vais aux échos comme au confessionnal, à la ponction comme on va à Lourdes.

2 embryons, 20kg de cierges brulés et 15 jours plus tard : résultat négatif. La vie est pourrie pourrie pourrie. Et si vous voulez mon avis, Bernadette Soubirous était schizophrène et pis c’est tout, les miracles ça existe pas…

On pleur puis comme tout couple infertile et soudé, on se reprend et hop hop hop !!! On repart !!!!

La suite c’est 2 fiv sans embryons (encore un coup tordu de derrière les fagots de DNLP) 1 fiv sans ponction, et 1 fiv avec 1 embryon négative.

Du fait de notre taux de fécondation assez pourri, doc lunette nous oriente vers l’iad, l’autre Eldorado… du coup on s’inscrit au cecos en aout 2013 ( 18 mois d’attente) et on change de centre pour avoir un second avis.

Doc gentille est très gentille et empathique et nous propose une dernière fivicsi. On obtient 2 beaux embryons et une pds positive ! Mais le taux n’évolue pas bien et la fausse couche commence le jour de mes 36 ans le mois dernier. (Je n’en attendais pas moins de DNLP).

M’enfin bon, dans tout ce bourbier on a eu aussi des chouettes moments, des beaux voyages (bah ouhais, tu vois, comme on ne se ruine pas en couche et petit pot, bah on est pété de tune! trooooop d’la chance!!) et surtout on a adopté nos 2 matous : 2 p’tits noiraud trouvés dans la rue, tout dégueu et puant mais déjà trop meuuuugnooon !!! Ils sont très intelligents et parfois plus à l’écoute que certain humain…Avec le petit dernier qui a 6 ans ( l’autre a 7 ans) on est très fusionnel, quoi comment ça j’ai un chouchou???!!!! naaaaan pas du tout! 🙂

Et puis avec chéri, on s’aime. Le chemin est escarpé mais on est 2 pour le gravir. Et avant les iad, nous allons prendre un peu de temps, (surtout moi, je suis en plein big bang existentiel dont je te ferais part dans un prochain billet, petit veinard!!!) bien que nous ayons rdv en Belgique début juin pour voir comment ça se passe.

Voila, vous en savez un peu plus de compoteen and co ! 🙂  

 

Interro: sachant que 400km séparent le point A du point B, que monsieur met en moyenne 4h30 pour venir voir madame 2 fois par mois une fois sur deux et vice versa, combien de km monsieur et madame ont il parcouru?                                                     

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20 thoughts on “Il etait une fois…”

  1. Coucou. Je découvre ton blog et ton histoire. Quel merdier comme tu le dis. J’ai le coeur tout serré après la lecture de ton article et ces quelques mots sur ton petit Sacha. C’est vraiment pas juste, y’a rien à ajouter.
    J’admire la note positive sur laquelle tu as réussi à conclure ton post 🙂
    à la question de l’interro, je répondrais “beaucoup” 😎
    Gros bisous.

  2. Douloureux… si douloureux. Douloureux souvenir du cpeur qui ne bat plus ici aussi. Et depuis, quel chemin.
    Vous vous battez bien fort dis donc. Je pense bien à vous. Bisous

    1. Merci bounty 🙂
      Je crois que la douleur sera toujours présente, il y aura toujours une petite case vide. Vide de la presence nos petits mais pleine des joies qu’ils nous ont procurés durant leurs quelques semaines de vie en nous.
      Mon petit Sacha, c’est ma part d’ombre et ma lumière intense, a moi, rien qu’a moi.
      Je t’embrasse fort.

  3. Ben voilà… DNLP…
    Et comme bien d’autres filles qui ont galèré, tu m’as quand même fait sourire avec ton post. Z’avez une force les filles, un truc dingue !
    Welcome compote, Welcome, et qu’on se tire tous de là avec nos polichinelles !

    1. Tu sais bulle, toute pmette est une grande dame 🙂 la force qui nous pousse a aller de l’avant nous l’avons toute.
      Rassure toi, j’ai mes faiblesses et même que en ce moment je suis comme qui dirait: “en compote”!

  4. ou là là quand je lis ton passage sur le rendez-vous gynéco pour la déclaration officielle j’en ai des frissons…. Je me rappelle ce jour là où pour nous aussi tout s’est arrêté sans aucun signe car j’avais aussi les nausées et j’osais enfin y croire. La vie est une sacrée peau de vache mais on essaye désormais de se faire du plaisir à 2 et de profiter de chaque instant. Nous savons que pour nous ce sera de longs sentiers escarpés mais les paysages sont tellement plus beaux que sur les autoroutes 😉

  5. Nous aussi, on s’est rencontrés sur le net !!!
    Ah ouais Caramel !!! Je me rappelais plus de ça.

    Pour ton histoire d’amour avec ton thermomètre, selon où tu te le met, ça va au delà de la tendresse. J’dis ça, j’dis rien….

    Il est temps que votre parcours se termine enfin, et par une très bonne nouvelle bien sûr, vous le méritez vraiment.

    Sinon j’ai trouvé la réponse au problème de math. Je ne suis pas une matheuse pourtant. J’avais que des notes merdiques à l’école. Mais là, je sens que je me suis surpassée.
    La réponse est : vous avez bien fait d’habiter sous le même toit

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